Être «payé» en expérience: le dilemme du stagiaire non rémunéré

L’été est ma période préférée de l’année. Après les examens finaux, il y a quatre mois de chaleur, de soleil et d’absence d’études nocturnes. Il y a aussi l’emploi d’été, c’est-à-dire un moyen de gagner de l’argent et d’acquérir de l’expérience dans le domaine de votre choix. Pourtant, ces deux objectifs s’excluent parfois mutuellement, ce qui oblige les étudiants à choisir entre un poste ou un salaire. Ce numéro du coin de Meg met l’accent sur le phénomène du « stagiaire non rémunéré » qui, dans le pire des cas, peut empêcher les étudiants d’obtenir l’emploi de leurs rêves.

Voyons d’abord ce que signifie être « stagiaire ». La définition juridique et les politiques relatives à ce qu’est un employé varient d’une province à l’autre. En Ontario, par exemple, la définition du moment où une personne doit être payée est assez claire. Si une personne est tenue d’être au travail pendant certaines heures, que son travail et le calendrier d’exécution sont dictés par son patron, qu’elle n’est pas libre d’aller et venir comme bon lui semble, ou que l’entreprise tire souvent un avantage économique de son embauche, elle doit être payée. Le problème, cependant, c’est que même si cela s’applique bien aux employés à temps plein, il y a peu de règlements explicites qui définissent et réglementent clairement les stages par rapport à l’emploi normal. Ce qui différencie largement les stagiaires des employés réguliers, c’est la prémisse de la  » formation « , car les stages reposent souvent sur l’hypothèse que vous postulez afin d’acquérir une expérience pertinente pour votre carrière.

Si vous parcourez les sites de recherche d’emploi, vous verrez des stages non rémunérés déguisés de diverses façons. Certains offriront des crédits universitaires en échange d’une rémunération monétaire. L’expression familière de « faire ses preuves » est aussi beaucoup utilisée dans les milieux professionnels. Pourtant, je crois qu’il y a une grande différence entre faire ses preuves et être rémunéré – travailler fort pour démontrer son engagement n’est pas une excuse pour ne pas payer les jeunes employés.

Tout récemment, j’ai fait une demande de stage à l’extérieur de ma ville natale pour l’automne prochain. J’ai postulé surtout par curiosité, car le poste correspondait exactement à ce que je voulais faire à l’âge de 16 ans (moins à ce que je veux faire maintenant). Normalement, lorsqu’un emploi implique un travail pertinent qui vous passionne, accepter une offre est un jeu d’enfant. Mais quand j’ai surmonté le choc d’avoir appris qu’on m’embauchait dans un endroit où je mourais d’envie de travailler depuis l’école secondaire, j’ai entrepris un lent et douloureux dénouement alimenté par la réalité : un stage non rémunéré de trois mois dans une ville coûteuse où je devrais payer mes études à ma propre façon. Je l’ai refusé.

D’un point de vue personnel, c’était un sentiment terrible. Cela dit, je sais aussi que j’ai eu une chance relative. Comme je l’ai mentionné, le stage n’entrait pas dans le cadre de ma carrière et j’ai postulé par pur intérêt pour le sujet. Je pouvais accepter ou refuser l’offre sans qu’il y ait une lacune sérieuse sur mon LinkedIn. Pour d’autres encore, ce stage aurait pu être leur stage clé – un stage qu’ils auraient presque dû accepter, rémunéré ou non, pour acquérir l’expérience dont ils ont besoin pour réussir.

Bref, les stages non rémunérés constituent une barrière massive pour de nombreux étudiants confrontés à des situations financières difficiles. Travailler 40 heures par semaine sans salaire tout en faisant face aux dépenses telles que la nourriture et le loyer, tout en étant en mesure de retourner en cours le semestre suivant, est, pour beaucoup de gens, une attente irréaliste.

Le fait de vous familiariser avec les codes du travail et les règlements sur l’emploi de votre province peut vous donner un bon aperçu des différents droits ; par exemple, vous ne pouvez généralement pas être renvoyé pour avoir posé des questions à votre employeur sur les salaires ou toute autre norme du travail. De plus, le fait qu’un stagiaire accepte de ne pas être rémunéré ne signifie pas que l’employeur respecte les normes d’emploi ; toute mention orale ou écrite est nulle si elle contrevient à la loi. Malgré tout, parce que les jeunes professionnels à la recherche d’expérience se sentent coincés dans une position où la négociation d’un salaire peut leur faire perdre leur offre, il est difficile de se défendre en tant que stagiaire, ce qui aggrave le problème que nous voyons aujourd’hui.

Dans l’éventualité où vous effectueriez un stage non rémunéré, l’établissement d’un budget joue un rôle essentiel dans la gestion réussie d’un poste non rémunéré. Un suivi attentif du montant que vous devez allouer à certaines choses, sans revenu compensatoire, vous aidera à déterminer combien de temps vous pouvez travailler sans salaire.

Alors que le marché du travail devient de plus en plus concurrentiel et que les postes de débutants exigent de plus en plus d’expérience, les personnes qui doivent choisir entre un emploi rémunéré et un emploi qui offre une formation pratique sont souvent désavantagées. Pour ceux qui ont la possibilité d’effectuer un stage non rémunéré, il est nécessaire de connaître vos droits et de planifier à l’avance, ce qui peut atténuer les répercussions financières du travail non rémunéré, tout en vous permettant potentiellement de poursuivre l’emploi de vos rêves.

Plus de ressources (en anglais)

The Canadian Intern Association

Are Unpaid Internships Legal in Canada?