Les mensonges de la « shopping thérapie »

Lorsque j’étais au secondaire, l’un de mes films préférés étaient Confessions of a Shopaholic (Confessions d’une accro du shopping). Pour ceux qui ne l’ont jamais vue : Rebecca Bloomwood (Isla Fisher) aspire à devenir une grande journaliste malgré sa dépendance au magasinage qui la laisse extrêmement endettée. Elle décide de combiner le magasinage et la rédaction, les deux majeures composantes de sa vie, et d’inventer une rubrique de conseil financier afin de se tirer hors de sa propre crise financière.

J’ai dû le regarder au moins 50 fois pendant ma préadolescence. Peu m’importait le fait qu’elle soit acheteuse compulsive, selon moi Rebecca était drôle, amusante et avait la garde-robe la plus cool. J’ai re-visioné le film la fin de semaine dernière et je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que parmi toutes les marques et les chaussures se trouvant en sa possession, sa détresse profonde (aussi profonde que l’ère rom-com des années 2000 le permettait) se manifeste à travers ses achats compulsifs. C’est exactement ce dont je voulais discuter dans cette deuxième édition du coin de Meg : La thérapie par le magasinage.

La « shopping thérapie » est un terme familier désignant le comportement de quelqu’un qui cherche à satisfaire un vide en achetant compulsivement. Peut-être connais-tu déjà le phénomène sous le nom d’« achats distractifs » ou de « stress shopping ». Quoiqu’il en soit, ce ne sont que plusieurs étiquettes pour la seule et même méthode band-aid qui permet de perdurer lorsqu’on fait face aux pressions du monde extérieur. Les achats impulsifs apaisent instantanément, bien qu’éphémèrement, certaines de ces tensions.

Il existe une abondante littérature sur les signes et l’impact du « stress shopping ». La Japanese Psychological Association (Association japonaise de psychologie) cite une étude classant les dépenses impulsives comme étant soit orientées « vers la marchandise » ou « vers les gens », c’est-à-dire qu’elles sont soit basées sur l’apaisement-même ou sur l’influence que la possession de nouveaux objets de valeur a sur autrui. Ça peut sembler irrationnel au départ, mais certaines études affirment que le nombre de personnes se tournant vers ce type de « thérapie » augmente constamment. De plus en plus d’individus optent pour la diversion pour faire face au stress malgré l’inévitable regret ressentit une fois que l’adrénaline se dissipe.

En plus de répercussions psychologiques néfastes, le magasinage compulsif apporte aussi son lot de dommages au compte de banque. Se rendre instinctivement dans ton magasin préféré ou magasiner en ligne systématiquement lorsque tu vies du stresse peut mettre à rude épreuve tes économies. Mêmes les petites choses telles que l’achat d’un café ou d’une friandise finissent par s’accumuler. C’est pourquoi il est important de savoir faire la différence entre se gâter et dépenser pour s’échapper, que ce soit pour se vider la tête, pour se créer une nouvelle image ou pour soulager son stress.

La notion de « shopping thérapie » renvoie au premier atelier que nous offrons dans les écoles secondaires, celui qui, selon-moi, est le plus important de notre programme : Dépenser consciencieusement. Avoir une bonne compréhension de la manière dont tu utilises ton argent et des raisons pour lesquelles tu dépenses est le fondement-même de la santé financière en général. Bien que personnelle, la façon dont tu utilises ton argent est également importante et peut avoir des répercussions sur ton état mental et financier.

Cela étant dit, personne n’est parfait. J’ai moi-même tendance à magasiner lorsque je suis stressée. Lors des derniers examens finaux, j’ai acheté pour 67$ de cahiers de notes dans ma librairie locale parce que j’avais réussi à me faire croire que j’en avais besoin… et ce malgré le tiroir plein de cahiers de notes que j’ai à la maison. J’y suis retourné le lendemain pour rendre tout ce que j’avais acheté, ce qui m’a fait perdre du précieux temps d’étude et stressé davantage. Je fais maintenant un effort conscient pour savoir distinguer quand j’achète des produits de première nécessité et quand mes habitudes ressemblent à celles de Rebecca dans Confessions of a Shopaholic.

La thérapie par le magasinage ne traitera jamais la véritable cause des facteurs de stress dans ta vie, elle est cependant extrêmement courante et potentiellement dangereuse. Tu trouveras ci-dessous des liens externes qui parlent davantage des signes et des types d’achats compulsifs, ainsi que de ce que vous pouvez faire si vous en souffrez. En bref, soyez conscient de vos achats et gardez à l’esprit cette valeur clé que vous offre PennyDrops: dépensez consciemment.


Ressources:

7 Signs You Might Be Emotional Spending

Retail Therapy: Does It Help?

How Retail Therapy is Used for Stress Management

6 Danger Signs of Emotional Shopping